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Entre les aléas d'une enfance insouciante‚ les peines d'une mère qui va et vient entre deux mariages pour aboutir aux abus excessifs d'un beau-père sur son jeune “ fils ”‚ la trame narrative du dernier film de Richard Donner pouvait laisser perplexe. Les risques étaient grands‚ tant pour le réalisateur que pour le compositeur‚ de produire un ensemble fleurant bon le mélodrame excessif. Si cinématographiquement‚ l?entreprise souffrit d'une production hasardeuse‚ de choix aventureux et d'un remontage final tardif‚ l'essai musical donne de son côté plus de raisons de se réjouir tant Zimmer semble‚ en apparence‚ prendre du plaisir à composer sur cette histoire trouble d?amitié entre deux jeunes enfants aux destins opposés.
L'univers conté trouve ses échos dans une partition qui navigue se situe avec force entre l'évocation de sentiments singuliers relatant l'amitié et la fraternité de deux enfants et la mise en scène d'une atmosphère entraînante faite d'aventure et de découvertes. Proche des personnages principaux‚ l'ensemble disparate se retrouve dans la mise en scène musicale d?attirances fortes dont le jeu semble tirer sa pleine puissance. En un style qui perpétue avec un humour non dissimulé ce qui fut déjà posé avec Black Rain‚ Pacific Heights et Backdraft‚ les première notes ne laissent pas de doute quant à la qualité de la partition. Rien ne semble transparaître d'un quelconque devenir plus sombre. Tout n?est que joie. L'insouciance des première minutes apparaît ne jamais devoir céder la place au traumatisme de la vie. Aussi le monde enfantin décrit par le compositeur n'en prend que plus d?importance. Unique survivance face aux violences subies par l'enfant‚ l'abandon qu?entraîne le jeu enlève tout sur son passage et dépasse avec vigueur toutes les barrières physiques et morales.
L'écriture électronique passée au crible des orchestrateurs ne perd rien de sa force. Au contraire‚ les moments de gaieté sont plus significatifs que jamais d'instants toujours plus démonstratifs. Les coupes franches à travers ces moments privilégiés font entendre ici et là tout un ensemble de percussions fines‚ de voix enfantines chantant sur le ton de la moquerie et de l'amusements. Les quelques solos bien placés font penser aux plus belles heures du compositeur. Radio Flyer alterne ainsi entre les sonorités de Pacific Heights et Bird on a Wire. Les mouvements répétés à volonté prennent le dessus‚ se croisent et se recroisent en évitant les redondances. L'écoute de l'album n'en est que facilitée. Les amateurs du compositeur apprécieront dans Radio Flyer ce qui fut chez lui un gage de qualité‚ à savoir cette manière de rendre compte de sentiments complexe sans verser dans le classicisme épuré et rigide. La forme musicale donnée ici même pour fouillée et variée n'en demeure pas moins abordable. Les quelques premières minutes d'écoute laissent planer ce peu de fraîcheur que le film ne paraît pas posséder ou du moins ne la distille qu'en de rares moments.
Privilégiant une palette d?orchestrations enlevées‚ l'album fait état d'une prise de position patente de la part d'un compositeur pourtant perturbé par les quelques erreurs d'un film dé-monté à maintes reprises durant la post-production laborieuse. Faisant fi de tout un processus lui échappant de près‚ Zimmer pousse un peu plus loin l'épreuve inaugurée par The Paperhouse. Si le film premier nommé élaborait un semblant de discours sur l?enfance mise à mal par l?épreuve du quotidien‚ Radio Flyer abonde dans le même sens mais en prenant pour point d?orgue un monde enfantin plus ouvert qu?à l?accoutumée.
Privée de sa charge dramatique‚ la partition de Radio Flyer s?avère simple et efficace et laisse planer un je-ne-sais-quoi de fraîcheur et légèreté par un ton résolument alerte et vigoureux. La liberté née de l?aisance désormais acquise dans la maîtrise de la composition pour instruments électro-acoustiques entraîne l?auditeur dans des chemins sinueux. La rigidité n?est dès lors plus de mise. Les petits riens qui faisaient chez certains tache‚ plus value dans l?ensemble musical sont ici légion. Zimmer dépeint un monde qui toujours incite l?auditeur à rentrer plus en avant‚ à tendre en somme l?oreille sur ce qui n?a pas pour habitude d?être placé au premier plan.
Trop longtemps passée sous silence par manque d?aura de la part d?un film chaotique‚ la vision de Radio Flyer qu?en donne Zimmer ne rate pas l?occasion de remplir les vides laissés par le réalisateur et livre ici une partition qui mérite d?être revue à la hausse. Dépassant les contraintes internes‚ Zimmer effectue un travail de très bonne facture qui par certains moments parvient à toucher plus profondément qu?il n?y paraît le reste d?enfance qu?il nous reste. Evitant l?écueil d?une partition simpliste que l?on sentirait perturbée par de trop nombreuses illustrations sonores supposées évoquer l?enfance de l?art‚ Radio Flyer gagne l?auditoire par le sérieux qui transparaît de l?ensemble. Le sujet du film étant ce qu?il est‚ l?entreprise aurait pu s?avérer risquée si l?approche n?avait rendu justice aux thèmes évoqués. Sans résolument tirer parti de la part sombre d?une histoire déjà empreinte de caractères psychologiques marqués‚ Radio Flyer penche dans le sens d?un plaisir simple bien qu? éphémère.
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1) Radio Flyer Part I (9:59) a)Building the Flyer b)On The Road To Geronimo c)Lost Secrets and Fascinations 2) Radio Flyer Part II (7:03) a)Expedioning b)Mix the Potion c)Four Discoveries 3) Radio Flyer Part III (13:41) a)Sampson and Shane b)Fisher's Legend c)The Big Idea 4) The Name Game (performed by Shirley Ellis (3:00)